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Citateur

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Ce nom, dérivé du verbe citer et en concurrence avec citeur, moins fréquent encore, est attesté en 1696 chez Bayle et en 1708, dans une réédition sauvage du Dictionnaire universel de Furetière (1690), au sens de « compilateur ». Il est relevé dans le Dictionnaire de l’Académie française, mais dans deux éditions seulement, la sixième (1832-35) et la septième (1879), et défini ainsi : « celui qui cite habituellement, dans sa conversation ou dans ses écrits », les académiciens notant « qu’il est peu usité ». Dans le Complément (1842) du DAF, le mot est cité dans la définition du nom fragment : « fragment pur (philologie) se dit, chez les jurisconsultes, d’un fragment tiré de l’ouvrage même d’un auteur, par opposition aux fragments empruntés à un citateur ou à un commentateur ».

A la définition du DAF (« celui qui habituellement fait des citations dans sa conversation ou dans ses écrits »), Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) ajoute la remarque suivante : « titre de livres contenant des recueils de citations ». Au XIXe siècle, ont été publiés au moins trois livres portant ce titre : Le Citateur de Pigault-Lebrun (1803), Le Citateur dramatique de Gallois Léonard (1829) et Le Petit Citateur de Jules Choux (1869, « notes érotiques et pornographiques »). Dans ces ouvrages, il est fait un usage singulier de la citation, les auteurs citant de grands écrivains de l’Antiquité ou du passé, Lucrèce ou Voltaire par exemple, pour attaquer par ce biais-là la religion, les tyrans, les prêtres, la censure, la morale, à l’abri derrière ces autorités incontestables. Pigault-Lebrun met en exergue de son ouvrage cette phrase insolente : « Notre crédulité fait toute leur science ».

L’usage de la citation ne s’est pas perdu. Les grands auteurs sont toujours cités à foison, et il se publie encore des ouvrages composés entièrement de fragments écrits par d’autres, l’auteur se contentant de recueillir les citations des autres. Ces façons de faire ont pour nom centons ou patchworks. Roland Barthes en a écrit un dans les années 1970 : Fragments d’un discours amoureux, mais il n’en pas été baptisé pour autant de citateur, mot qui, peu à peu, tombe en désuétude. Dans le Trésor de la langue française (1971-94), il n’y est pas consacré d’entrée. Le mot est défini dans l’article citer : « citateur, trice, citeur, euse, substantif, personne qui cite toujours, qui fait de nombreuses et fréquentes citations dans ses paroles ou dans ses écrits ». Le mythe de l’originalité a sans doute accéléré l’oubli du mot, les citateurs étant souvent méprisés, comme dans cet extrait de Léautaud (1943) : « Je ne lis pas un livre pour y trouver un citateur perpétuel, un arrangeur de textes ».
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