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L´Odyssée d´Ulysse (5ème partie)

Lorsque les armes furent en lieu sûr, Ulysse dit au prince d´aller se reposer, et lui-même attendit la venue de Pénélope. Celle-ci ne tarda pas car elle était très impatiente d´avoir des nouvelles de son époux. Le roi fut profondément ému de la revoir. A la lueur du feu de bois, il pouvait se rendre compte de ce qu´elle n´avait rien perdu de sa beauté, une vingtaine d´années s´étant écoulée. L´attente et le chagrin n´avaient pas abîmé ses traits et il comprit qu´il l´aimait toujours aussi tendrement. Mais la reine ne reconnut pas son époux sous cet affreux déguisement. L´homme ne l´intéressait pas, seul son récit comptait.

Ulysse lui raconta donc l´histoire qu´il avait inventée. Lorsqu´il eut fini Pénélope, touchée par son air sincère, se mit à pleurer. Longtemps elle ne put se calmer, puis, à travers ses larmes, elle lui demanda :

«Laisse-moi encore t´éprouver. Dis-moi quels vêtements portait Ulysse lorsque tu l´as rencontré ? »

«Il ne m´est pas facile de m´en souvenir après tant d´années,» répondit le roi. « Mais si je ne me trompe pas, il portait un manteau de laine pourpre sur lequel était agrafée une broche d´or. Cette broche était un chef-d’œuvre d´orfèvrerie et elle représentait un faon attaqué par un chien de chasse. Le héros était accompagné par un garde du corps un peu bossu.»

En entendant ces détails, tout à fait véridiques, Pénélope se remit à pleurer. Ulysse la réconforta et lui assura que son mari reviendrait bientôt. Mais il n´arriva pas à convaincre la reine qui avait perdu l´espoir de retrouver son époux bien-aimé. Les yeux encore emplis de larmes, elle appela la nourrice Euryclée pour qu´elle lave les pieds de son invité.

Euryclée prépara l´eau. Elle posa le bassin devant lui, le dévisagea attentivement et dit avec surprise :

«Bien des étrangers sont venus chez nous, mais aucun ne ressemblait à notre roi autant que toi.»

Ulysse lui répondit vivement

«C´est vrai, on me l´a souvent dit.»

Et il se retourna de façon à ce que sa tête reste dans l´ombre. C´est alors qu´il se souvint d´une cicatrice qu´il avait sur la jambe, à l´endroit où un sanglier l´avait percé de son boutoir. La vieille femme le lavait, lorsque, malgré l´obscurité, elle reconnut la blessure. D´émoi, elle lâcha le pied du roi et renversa le récipient.

«Tu es Ulysse,» dit-elle, «comment pourrais-je ne pas reconnaître la cicatrice de mon maître ? »

Le héros lui mit promptement la main sur la bouche et lui murmura «Veux-tu ma perte? je suis Ulysse, mais personne ne doit encore le savoir.» «Je me tairai,» acquiesça Euryclée, rayonnante. «Tu sais que je puis être aussi muette que la pierre ou l´airain. »

Elle acheva sa besogne en enduisant d´huile aromatique les pieds de son roi. Ulysse rapprocha sa chaise du feu en recouvrant soigneusement sa cicatrice avec ses haillons. Perdue dans ses pensées, Pénélope lui parla comme si elle cherchait un conseil :

«Cher ami,» lui dit-elle, «il faudra bientôt que je choisisse mon destin. Demain, je vais inviter tous les prétendants à une compétition athlétique. je suivrai celui qui la gagnera. Je vais faire aligner douze haches comme le faisait mon époux. Ils devront, d´une seule flèche lancée par son arc arriver à les traverser. je doute que l´un d´eux ait assez de force pour arriver seulement à tendre la corde! »

Ulysse approuva la ruse de sa femme et lui conseilla de ne pas retarder la compétition.

«Ton époux reviendra,» lui dit-il, «et personne ne réussira cet exploit, à part lui »

La reine se retira alors dans ses appartements et le faux mendiant se coucha près de la porte.

Le lendemain matin, les soupirants se rassemblèrent à nouveau dans la salle des fêtes. Ils déposèrent leurs manteaux sur des sièges et se préparèrent à dévorer des cochons et des veaux tendres et bien nourris. Ils grillèrent la viande, mélangèrent le vin et se mirent enfin à manger. Le berger Eumée était au palais et aidait aux préparatifs.

Télémaque fit installer une table et une vieille chaise près de la porte pour Ulysse. Il posa lui-même devant lui de la nourriture et des boissons en disant

«Restaure-toi en paix, je ne conseille à personne de t´insulter, et s´il le faut, je te protégerai contre les convives. »

Stupéfaits par tant de fermeté, les prétendants serrèrent les dents en silence. Mais l´un d´eux se tourna en ricanant vers Ulysse et s´exclama :

«Cher invité, vous avez droit à une part égale de tous les plats. Moi aussi je vous ai préparé un cadeau. » Comme il disait ces mots, il saisit un énorme os de bœuf et le jeta sur Ulysse. Celui-ci s´écarta un peu et le projectile n´atteignit que le mur. «Tu as eu de la chance de l´avoir raté!» s´exclama Télémaque, «car sinon je t´aurais déjà tué avec ma lance! je préférerais mourir moi-même à voir maltraiter mes hôtes. »

«Télémaque a raison,» dit un des convives, «mais s´il veut obtenir la paix, il n´a qu´à convaincre sa mère de fixer enfin son choix sur l´un d´entre nous.»

«Par les dieux immortels,» répondit Télémaque, «cela fait longtemps que j´essaie d´influencer ma mère, mais je ne peux pas la forcer à quitter le palais!» Pendant que les prétendants discutaient en festoyant, Pénélope préparait la compétition. Aidée de ses servantes, elle avait sorti l´arc, le carquois et les douze haches d´Ulysse. En prenant dans la main ces objets familiers, elle ne put s´empêcher d´être profondément émue. Mais la déesse Athéna lui inspira du courage et elle entra dans la salle du banquet. A sa vue, les soupirants se turent et écoutèrent ses paroles :

«J´ai décidé de prendre un mari, mais j´épouserai seulement celui qui aura réussi à tendre l´arc d´Ulysse et à traverser d´une seule flèche ces douze haches, ainsi que lui-même avait coutume de le faire.»

Sur ces mots, elle ordonna à Eumée d´apporter l´arme et le carquois. Télémaque installa les haches avec une précision étonnante. Il essaya de tendre l´arc et aurait peut-être réussi si son père ne lui avait pas fait un signe. Alors il le déposa contre le mur et revint à sa place. Antinoos se leva aussitôt et cria :

« Mes amis, tentons notre chance chacun à notre tour. Nous pouvons lancer les flèches de l´endroit où l´on verse le vin.»

Comme tous étaient d´accord, le premier concurrent s´avança. De toute sa force il essaya de tendre l´arc, mais en vain!

«Que l´on apporte de la graisse!» ordonna Antinoos.

Les prétendants chauffèrent l´arc devant le feu et l´enduisirent de graisse pour le rendre plus flexible. -Puis ils reprirent leurs efforts, mais sans davantage de succès. L´un après l´autre, ils mesurèrent leurs forces, mais tous durent abandonner.

Alors Ulysse sortit subrepticement et alla dans la cour rejoindre Eumée et les autres bergers.

«Si quelque dieu ramenait Ulysse, qui défendriez-vous : les prétendants ou lui ?»

«Si notre roi revenait,» répondirent-ils tous ensemble, «il donnerait une rude leçon aux soupirants et nous en serions bien heureux!»

Comme ils avaient ainsi exprimé leur loyauté, Ulysse leur révéla sa véritable identité en leur montrant la cicatrice qu´il avait à la jambe. Les pasteurs muets de joie l´embrassèrent avec ferveur. Ulysse lui aussi était fort ému.

«Lorsque nous serons retournés dans la salle,» dit-il à Eumée, «tu me donneras l´arc; quant à vous,» ordonna-t-il aux bergers, «dites aux servantes de fermer la porte des appartements des femmes et de ne pas les laisser sortir même si elles entendent des cris et des plaintes. Tirez aussi la grille qui ferme le parc, et verrouillez-la solidement. »

Ils revinrent dans la salle au moment où le dernier concurrent, Antinoos, allait tenter sa chance. Comme les précédents, il craignait un échec, c´est pourquoi il préféra éviter de concourir. Il se souvint alors que ce jour était jour d´abstinence sacrée et qu´à cette occasion il était interdit de tendre un arc. Il avait l´intention d´offrir un sacrifice aux dieux, déclara-t-il, pour demander leur aide et puis terminer le concours.

« Tu as eu bien raison de remettre ton tour, » lui dit alors Ulysse, « mais laisse-moi essayer ma force. »

La demande du vieil homme mit Antinoos en colère et il allait le frapper. Pénélope tenta de le calmer en lui disant :

«Pensez-vous vraiment que ce mendiant arrivera à tendre l´arc et à me prendre pour épouse? »

«Nous n´avons pas peur de cela,» protestèrent les prétendants, «mais nous avons peur des commérages: si jamais il réussissait, les gens se moqueraient de nous! » « Moi seul décide qui peut participer à la compétition,» dit alors Télémaque. «Les armes sont une affaire d´hommes. Toi, ma mère, va. dans ta chambre et ne la quitte pas! »

Pénélope regarda son fils avec surprise mais lui obéit et quitta la salle. Eumée prit l´arc et le donna à Ulysse. Les convives se mirent à crier et voulurent l´arrêter.

«Va, Eumée, je te l´ordonne,» dit Télémaque en l´encourageant. «Si seulement je pouvais commander à tous ces gens comme je te commande à toi!»

Les soupirants s´esclaffèrent et Ulysse prit l´arc. ...


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